SEMPYA endeuillée : Serge Konde Chembo secoue les consciences lors des obsèques de Nathan Musonda

Ce samedi 03 mai 2025, sur l’esplanade du bâtiment du 30 Juin, l’Honorable Serge Konde Chembo, Député national élu de Sakanya, a livré un discours chirurgical et bouleversant lors des obsèques de Nathan Musonda, Bourgmestre de la commune de Lubumbashi, décédé le 26 avril. Dans un cri du cœur que tout le monde a apprécié, l’élu de Sakanya a fustigé le silence complice de la communauté : « SEMPYA, KIKOKO, Fondation Katangaise, où êtes-vous ? On va exterminer tous vos enfants sous vos yeux. Où sont les KIKOKO censés protéger les poussins ?»
SEMPYA endeuillée : Serge Konde Chembo secoue les consciences lors des obsèques de Nathan Musonda
Photo de l’Honorable Serge KONDE lors de son discours de dernier hommage à Nathan MUSONDA, devant l’esplanade du bâtiment du 30 juin ce samedi 03/05/2025 (prise par Morinhio de Mediacom KIKOKO)

Ce samedi 03 mai 2025, la communauté du Haut-Katanga s’est effondrée en larmes. Sur l’esplanade du bâtiment du 30 Juin, une foule immense s’est rassemblée pour rendre un dernier hommage à Nathan Musonda, Bourgmestre de la commune de Lubumbashi, brutalement arraché à la vie à l’âge de 37 ans. Parmi les nombreuses personnalités présentes, on comptait le Gouverneur de province Jacques Kyabula Katwe, le Vice-Gouverneur Martin Kazembe Shula, le Rapporteur adjoint de l’Assemblée provinciale Samuel Kilolo Yumba, le Ministre provincial de l’intérieur Jean-Jacques Kashiba Ntambo dit « umwine we bala » ainsi que plusieurs Députés nationaux et provinciaux : les Honorables Clotilde Mutita Kalunga, Micheline Mpundu, Balth Chola, Julien Kasanya… Sans oublier le représentant du Président du Sénat, Romulus Kisambe.

Mais au-delà des pleurs, un moment a suspendu le temps : le discours magistral de l’Honorable Serge Konde Chembo, Député national élu de Sakanya (Bena Lubembe). Un message fort, poignant, qui a résonné dans les cœurs comme un appel à l’éveil des consciences, un miroir tendu à une communauté meurtrie, mais trop souvent silencieuse.

Photo de la dépouille mortelle de Nathan MUSONDA devant l’esplanade du bâtiment du 30 juin (prise par Morinhio de Mediacom KIKOKO)
Photo de la dépouille mortelle de Nathan MUSONDA devant l’esplanade du bâtiment du 30 juin (prise par Morinhio de Mediacom KIKOKO)

Un cri du cœur pour réveiller les Associations socioculturelles endormies

Face à une assistance recueillie, l’Elu de Sakanya n’a pas mâché ses mots. D’un ton vibrant, il a fustigé l’indifférence des Associations socioculturelles de l’espace Grand Katanga, qui accusent leur passivité face à la disparition répétée de leurs leaders : « Jean-Claude Kazembe Musonda nous a laissé Nathan tout entier, un enfant entier, un enfant complet. Nous avons failli à notre mission, nous à qui Kazembe avait laissé son fils. »

En ciblant directement l’un des piliers communautaires notamment SEMPYA, KIKOKO et même la suprastructure, la Fondation Katangaise, Serge Konde a pointé du doigt une responsabilité collective étouffée sous le poids des convenances et du carriérisme politique.

Où sont passés les KIKOKO pour défendre les poussins ?

Dans une métaphore saisissante puisée du vécu culturel africain, l’élu a interpellé l’identité même de ces associations qui, autrefois, incarnaient la protection des leurs : « SEMPYA, KIKOKO (la couveuse, la poule qui protège), Fondation Katangaise, où êtes-vous ? On va exterminer tous vos enfants sous vos yeux. Ça craint, ça craint… Où sont les esprits Kisamamba ? Où sont les KIKOKO censés protéger les poussins ? » Il a poursuivi avec des mots qui interpellent plus : « Vous laissez les poussins être envahis, enlevés par ce qu’on appelle chez nous ba Pungwa (des rapaces comme des milans noirs) ».

« Ba Pungwa bafula, utwana twa nkoko abandonnés (les rapaces se multiplient et deviennent trop nombreux, et les poussins sont abandonnés, sans défense, laissés à la merci des prédateurs). Ikikoko kyalufya amasako yonse (la poule perd toutes ses plumes). »

Ces métaphores fortes exprimant l’abandon des leaders de l’espace grand Katanga par leurs propres structures, livrés à un environnement hostile, sans défense ni voix qui s’élève pour les protéger.

Un silence complice et une hypocrisie dénoncée

Derrière cette interpellation bouleversante, l’Honorable Konde a mis en exergue une triste réalité : la lâcheté collective. Des associations autrefois combatives, réduites aujourd’hui au silence, trop préoccupées à préserver les quelques postes administratifs ou politiques que détiennent certains de leurs dirigeants ou membres influents.

« Nous sommes déçus de nous-mêmes. Nous n’avons pas su assumer notre responsabilité, et nous continuons à abandonner nos responsabilités en tant que communauté. Les enfants du Katanga meurent tous les jours. » Des mots fustigeant l’hypocrisie d’un silence stratégique, celui (silence stratégique) qui préfère le confort à la vérité, la carrière à la conscience, et la survie individuelle à la dignité collective.
L’appel de Serge KONDE sonne comme une mise en demeure : il est temps pour SEMPYA, KIKOKO, et les autres forces vives sociales de sortir de leur léthargie sans précédent.

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