Ce samedi 03 mai 2025, Lubumbashi s’est figée dans la douleur pour accompagner à sa dernière demeure l’un de ses fils les plus prometteurs, Nathan Musonda Lembalemba, Bourgmestre de la commune de Lubumbashi, décédé le 26 avril dernier à la polyclinique Flora.
L’esplanade du bâtiment du 30 Juin a accueilli une pléiade de personnalités : le Gouverneur de province Jacques Kyabula, le Vice-Gouverneur Martin Kazembe Shula, les membres du bureau de l’Assemblée provinciale, des députés provinciaux et nationaux, ainsi que de nombreuses figures politiques et administratives de la province du Haut-Katanga.
C’est devant cette auguste assemblée, quand différentes personnalités défilaient devant le parloir funéraire pour un mot de circonstances, qu’une voix bien particulière, celle du Président National de l’association socioculturelle SEMPYA, Michel Kalwa Kalunga, dit KALKA, s’est élevée avec une intensité que nul n’oubliera.
Prenant la parole dans un silence chargé d’émotion, le Président Kalwa n’a pas simplement rendu hommage à Nathan MUSONDA, fils SEMPYA. Il a lancé un véritable appel, un cri d’alarme, une interpellation à la conscience collective : « Est-il possible que nous soyons ici pour pleurer Nathan, le plus jeune Bourgmestre de notre province ? », a-t-il interrogé, avant de répondre lui-même :
« les SEMPYA répondent par un NON catégorique ! Nalimofye ku lufyengo lwa bantu te kubufwayo bwa kwa Lesa (peut-être par la mauvaise foi des Hommes et non par la volonté de Dieu) ».
Il a dénoncé les circonstances sombres autour de la disparition de Nathan, soulignant que : « La mémoire de Nathan Musonda perdurera, et elle sera vengée par ceux qui nous ont précédés, ces êtres chers qui veillent sur nous : le Grand Chef KAPONDA KANKOMBA SHIPWE II, KISHIBA Alexis, KATUMBA MWAMNKE Augustin, MUSHOTA KIWELE KYKY, MWELWA NSAMBI, …».
Son discours a également fustigé l’injustice : « Nous devons nous unir pour faire entendre notre voix contre les injustices et les violences inhumaines qui continuent d’affecter notre peuple. »
Dans une envolée lyrique, poignante et profondément enracinée dans l’héritage spirituel des ancêtres SEMPYA, Michel Kalwa Kalunga a fait résonner sa voix en langue vernaculaire : « Kazembe Musonda walala shani, washa abana balefwa nge nkoko, elo walala mu mwela wa Kisamamba uupupa ne Kikungulu. »
(Kazembe Musonda, comment peux-tu dormir ainsi pendant que tes enfants meurent comme des poules, alors que tu reposes dans les vents puissants et tourbillonnants de Kisamamba – ces alizés du Sud-Est de Kasenga, qui soufflent fort comme un ouragan.)
Ces paroles, lourdes de chagrin et de révolte, sont venues exprimer l’indicible : la douleur d’un peuple SEMPYA qui voit un fils arraché trop tôt à la vie, à sa famille, à sa communauté, et l’appel aux esprits des ancêtres à ne pas rester silencieux.
Pour Michel Kalwa Kalunga, cet enterrement ne doit pas clore une page, mais ouvrir un nouveau chapitre : celui de la lutte, de la mémoire active, et de la révolte contre l’indifférence. « Nos ancêtres sont avec nous, et leur force nous accompagnera dans cette lutte. » Et comme pour rappeler que Nathan s’inscrivait dans une lignée fière et digne, il a cité son père disparu également dans des circonstances un peu sombres : « Il n’y a pas de petit peuple chez soi ni de grand peuple chez autrui. »
Le message est clair. En Nathan Musonda, la communauté SEMPYA en général, et KIKOKO en particulier, perd un jeune prometteur, un pilier, mais gagne une cause. Son nom vivra à travers les actions que les siens mèneront à sa mémoire.
Repose en paix, Nathan. Ta lumière ne s’éteindra pas.






