Paul Marie Ghislain KYENGE DIASHI est né le 3 février 1961 à Jadotville, aujourd’hui Likasi, dans la province du Haut-Katanga, en République démocratique du Congo. Il est le fils du Grand Chef Clément KYENGE KIKOKO et de Matilda MASENGO KABULO. Par son père, il est originaire du village Kyenge, siège de la chefferie éponyme, tandis que sa mère est native du village Ngonga, dans le secteur Kisamamba, territoire de Kasenga. En raison de son appartenance à la lignée royale régnante de son père, il est beaucoup plus attaché au secteur Kafira, auquel le rattachaient naturellement les usages successoraux de la chefferie Kyenge.
Son enfance est liée aux affectations professionnelles de son père, agent de la Gécamines. A cette époque, les cadres de la Gécamines étaient régulièrement mutés d’un site minier à un autre, suivant les besoins de l’exploitation. C’est ainsi que Ghislain KYENGE grandit notamment à Likasi, Kakanda, Kipushi et Lubumbashi.
Aîné d’une grande famille, il compte plusieurs frères et sœurs, parmi lesquels figure notamment Cécile Kyenge Kashetu, personnalité politique de renommée internationale, ancienne Ministre de la République italienne et Députée au Parlement Européen. Parmi ses frères et sœurs, on peut citer également Fifi Kyenge, Nathalie Kyenge, Jean-Luc Kyenge et Jonathan Kyenge Kashetu.
Catholique pratiquant, Paul Marie Ghislain KYENGE DIASHI est marié à Madame Francine MONGA depuis plus de trois décennies. De cette union sont nés 5 enfants et plusieurs petits-enfants.
Parcours scolaire et universitaire
Ghislain KYENGE commence ses études primaires en Belgique, où il effectue les 4 premières années de sa scolarité à Liège. De retour au pays, il poursuit les 5ème et 6ème années à l’École belge de Kambove, où il obtient son certificat d’études primaires en 1973. C’est au cours de cette période qu’intervient un épisode particulier concernant son patronyme. A sa naissance, il porte le nom de « Riashi », dérivé du mot bemba (« Ilyashi »), qui signifie « histoire » ou « récit » en français. Cependant, lors de son inscription à l’École belge de Kambove, l’agent chargé de l’enregistrement modifie son patronyme en « Diashi », estimant, selon une interprétation courante à l’époque coloniale belge, que la consonne « R » n’existait pas dans les langues bantoues et devait être remplacée par « D ». Cette transformation du nom n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Plusieurs personnes en ont connu au cours de l’époque coloniale belge. Le Grand Chef « Mukabe Kasari » tout comme le Professeur « Dikanga Kasari » en furent également victimes, devenant respectivement « Mukabe Kazadi » et « Dikanga Kazadi ».
Après ses études primaires, Ghislain KYENGE poursuit ses études secondaires à l’École Maadini de la Gécamines, à Lubumbashi. Il y obtient, en 1981-1982, son diplôme d’État en section littéraire et fait partie de la deuxième promotion de cette école dans cette option.
Après l’obtention de son diplôme d’État, il quitte le Katanga pour poursuivre ses études universitaires à l’Université de Kinshasa (UNIKIN), à la Faculté de droit. Son parcours à l’UNIKIN est cependant interrompu par les perturbations qui affectent l’enseignement supérieur zaïrois au début des années 1980, avec la réorganisation des universités nationales et les nombreuses interruptions des activités académiques que cela entraîne. Entre-temps, l’Université de Lubumbashi retrouve son autonomie en 1981, après la dissolution de l’Université nationale du Zaïre (UNAZA), et ouvre de nouvelles facultés, parmi lesquelles la Faculté de droit.
Ghislain KYENGE regagne alors Lubumbashi et s’inscrit à cette jeune faculté, où il poursuit son cursus jusqu’à l’obtention de sa licence en droit en 1989. Il appartient à l’une des toutes premières générations de juristes formées par la Faculté de droit de l’Université de Lubumbashi, avec notamment ses collègues Azarias Ruberwa (ancien Vice-Président de la RDC dans la formule 1+4), ainsi que Dieudonné Kamuleta (ancien Premier Président de la Cour constitutionnelle de la RDC).
Soucieux de compléter sa formation, Ghislain KYENGE effectue un stage de professionnalisation à Anvers, en Belgique, où il approfondit ses connaissances en matière de pratique juridique et de gestion des entreprises.
Il poursuit également des formations en République-Unie de Tanzanie, notamment à Dar es Salaam et à Kigoma, qui lui permettent d’élargir ses compétences juridiques et économiques sur les réalités de la région des Grands Lacs, appelée à jouer un rôle croissant dans les échanges commerciaux et miniers de l’Afrique centrale.
Parcours professionnel
De la Gécamines à l'expertise nationale du droit minier
Juriste de haute facture, Ghislain KYENGE DIASHI entame sa carrière professionnelle au Barreau de Lubumbashi, au sein du cabinet de Maître MBUYU LUYONGALA, en 1989, juste après sa licence en droit. L’année suivante, en 1990, la Gécamines adopte une politique de rajeunissement de ses effectifs afin d’intégrer une nouvelle génération de cadres. A l’issue du concours de recrutement, Ghislain KYENGE est admis au sein de l’entreprise, où il rejoint la Direction du personnel. Ses compétences sont rapidement remarquées. En 1991, lorsque Monsieur Mutombo KYAMAKOSA est nommé Secrétaire général de la Gécamines, Ghislain KYENGE est affecté à la Direction juridique en qualité d’Attaché juridique. Cette nomination marque le début d’une carrière qui le conduira à exercer cette fonction sur plusieurs sites miniers de la Gécamines, notamment à Likasi, Lwena et Kolwezi.
En parallèle de ses fonctions professionnelles, Ghislain KYENGE s’implique dans la vie sociale et sportive de la Gécamines. En 1995, il devient président du Cercle Kilima de la Gécamines, structure socioculturelle et récréative destinée à promouvoir les activités sportives, culturelles et la cohésion entre les cadres et agents de l’entreprise.
Il enseigne en même temps le cours de droit du travail et sécurité sociale à l’Institut Supérieur de Commerce de Lubumbashi (ISC) et à l’Institut Supérieur des Techniques Médicales de Lubumbashi (ISTM), où il contribue à la formation de nombreux étudiants.
Passionné de sport, il occupe également les fonctions de Vice-président du Football Club Lubumbashi Sport, aux côtés de Lukonde Kyenge, alors Président du club.
En 1998, il est nommé Administrateur représentant de la Gécamines auprès de la Cimenterie et Matériaux du Katanga (CIMENKAT).
Son expertise dans le domaine juridique et minier lui ouvre de nouveaux horizons. En 2000, il est nommé conseiller juridique au cabinet du ministre national des Mines, Mbaka Kawaya. Au fil des années, dans le même cabinet du ministère national des Mines, il travaille aux côtés de plusieurs Ministres, notamment Simon Ntuma Waku, Jean-Louis Kitshungu et Diomi Ndongala, qui apprécient ses compétences. Cette période correspond à la reconstruction de la RDC, sous le régime de la Transition dit « 1+4 » (un Président de la République assisté de quatre Vice-présidents). Ici le secteur minier devient l’un des principaux leviers de relance économique. Grâce à son expérience de terrain et à sa maîtrise du droit minier, Ghislain KYENGE participe aux travaux d’élaboration du nouveau Code minier de la RDC et accompagne plusieurs coopératives minières, dont la coopérative EMAK, en qualité de conseiller juridique. Son expertise fait progressivement de lui une référence en droit minier, tant au Katanga qu’au niveau national.
En 2004, le Gouverneur du Katanga, Urbain Kisula Ngoy, le rappelle à Lubumbashi et le nomme Conseiller chargé des Mines, fonction équivalente à l’actuel Ministre provincial des Mines. S’appuyant sur son expérience dans l’élaboration du nouveau Code minier, il mène une grande campagne de vulgarisation de cette réforme auprès des opérateurs miniers du Grand Katanga.
Député national : une voix engagée pour le Katanga
En 2006, lors des premières élections générales démocratiques organisées après la transition politique, il se porte candidat indépendant à la députation nationale dans la circonscription électorale de Kasenga. Sa campagne électorale se distingue par son intensité et sa proximité avec la population. Parcourant inlassablement les villages ainsi que la cité de Kasenga, centre névralgique de la circonscription, il mène une campagne médiatisée et « à l’américaine », si l’on peut le dire ainsi.
Le verdict des urnes dépasse toutes les attentes. Ghislain KYENGE DIASHI est élu Député national avec 19 345 voix. Il réalise l’un des meilleurs scores jamais enregistrés dans la circonscription de Kasenga par un candidat indépendant, c’est-à-dire sans l’appui d’un parti politique.
Avant d’aller siéger à la Chambre basse du Parlement, à Kinshasa, il crée Lofoï Group, une entreprise active dans le secteur minier, ainsi que Maadini News, l’une des premières revues spécialisées consacrées exclusivement aux questions minières dans l’ancien Katanga.
A l’Assemblée nationale, Ghislain KYENGE s’impose par la qualité de ses interventions, à la fois précises et percutantes. Convaincu que le secteur minier doit constituer un levier du développement national, il soutient le partenariat de coopération Sino-Congolais, communément appelé « contrat chinois », qu’il considère comme une opportunité indispensable pour moderniser les infrastructures du pays et désenclaver le Grand Katanga, notamment le territoire de Kasenga grâce à la construction de la RN5 sur l’axe Lubumbashi-Kasomeno-Kasenga.
L’une de ses prises de parole les plus remarquées intervient en 2008, lors des débats sur les violences survenues au Bas-Congo (actuel Kongo-Central), à la suite des affrontements entre les forces de sécurité et les adeptes du mouvement politico-religieux Bundu dia Kongo (BDK), dirigé par le Député national Zacharie Badiengila, connu sous le nom de Ne Muanda Nsemi. Celui-ci (Ne Muanda Nsemi) met notamment en cause le Général Raus Chalwe, l’accusant d’avoir dirigé les opérations ayant conduit aux exactions commises contre les adeptes du mouvement, allant jusqu’à contester sa nationalité congolaise en le présentant comme un sujet zambien.
Prenant la parole, Ghislain KYENGE s’oppose fermement à cette affirmation. Il rappelle que le Général Raus Chalwe est originaire du territoire de Kasenga, comme lui-même, et souligne que la proximité géographique avec la Zambie ne saurait remettre en cause la nationalité congolaise des résidents et ressortissants de Kasenga. Répondant directement à son collègue Ne Muanda Nsemi, du haut de la tribune, sous le contrôle de Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée Nationale, Kyenge Diashi déclare en substance : « Si le fait d’être originaire d’un territoire frontalier avec la Zambie suffit à faire de nous des Zambiens, alors les habitants de Luozi, territoire frontalier de l’Angola dont vous, cher collègue Ne Muanda Nsemi, êtes élu, devraient eux aussi, et vous-même, être considérés comme Angolais. » Son intervention apaise les échanges houleux, et le président Vital Kamerhe, met un terme au débat.
Ghislain KYENGE intervient également dans le débat relatif aux accusations portées contre Baba Kyungu wa Kumwanza au sujet des conflits intercommunautaires ayant opposé Katangais et Kasaïens au début des années 1990. Alors qu’une motion envisage son renvoi devant la Cour Pénale Internationale (CPI), Ghislain KYENGE, juriste de formation, rappelle que, conformément au principe de complémentarité qui régit la Cour pénale internationale, celle-ci ne peut intervenir que lorsque les juridictions nationales sont dans l’incapacité ou refusent de poursuivre les faits reprochés. Or, selon lui, aucune procédure judiciaire nationale n’avait été engagée contre Kyungu wa Kumwanza pour les faits évoqués, ce qui ne justifiait pas, en l’état, une saisine de la CPI. Sans chercher à justifier les violences, Ghislain KYENGE estime qu’il est nécessaire d’en analyser également les causes profondes, notamment les frustrations accumulées par les Katangais sur le non respect de leurs us et coutumes par les autres communautés vénues habiter au Katanga. Il propose plutôt la mise en place d’une Commission Paix et Réconciliation, à l’image de la Commission Vérité et Réconciliation instaurée en Afrique du Sud après la fin de l’apartheid, afin de favoriser la cohabitation pacifique entre les différentes communautés congolaises.
Il rejette également les accusations de tribalisme généralisé portées contre les Katangais. A cet égard, il fait observer qu’à l’Assemblée nationale siègent plusieurs députés élus dans des circonscriptions du Katanga sans être eux-mêmes Katangais d’origine. Il ajoute en invitant le Bureau de l’Assemblée nationale à lui citer ne serait-ce 2 Députés katangais élus dans des circonscriptions du Kasaï ou d’autres provinces. A ses yeux, cette réalité démontre l’hospitalité légendaire du peuple Katangais et prouve à suffisance que les accusations de tribalisme portées contre les Katangais sont sans objet.
La qualité de ses prestations à l’Assemblée nationale attire rapidement l’attention des dirigeants du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD). A l’initiative d’Augustin Katumba Mwanke, il rejoint cette formation politique et est nommé Secrétaire exécutif national chargé des Mines et de l’Energie. A la fin de son mandat parlementaire, en 2011, il réintègre la Gécamines, où il est nommé Directeur divisionnaire en 2012.
En 2013, le Gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, le nomme Conseiller Juridique et Administratif.
En 2019, il est nommé Commissaire en charge de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale au sein du gouvernement provincial dirigé par Jacques Kyabula Katwe.
Deux ans plus tard, en 2021, il est nommé Ministre provincial des Mines du Haut-Katanga, portefeuille dans lequel il met à profit plus de trois décennies d’expérience acquise dans les domaines du droit minier, de l’administration publique et de la gouvernance des ressources naturelles.
En reconnaissance des services rendus à la Nation, il est Dignitaire d’État, avec une médaille de bronze puis une médaille d’or.
En 2022, il est élevé à la dignité d’Ambassadeur universel de la paix.
Aujourd’hui, Paul Marie Ghislain KYENGE DIASHI est Mandataire en mines et carrières. Son expertise est régulièrement sollicitée dans les domaines du droit minier, de la gouvernance des ressources naturelles et des politiques publiques liées au développement du secteur minier en République Démocratique du Congo.
Contribution à la communauté KIKOKO
Au-delà de son parcours professionnel et politique, Paul Marie Ghislain KYENGE DIASHI a également marqué l’histoire récente de l’Association Socioculturelle KIKOKO. Elu Président national KIKOKO le 16 février 2014, il fait de la consolidation de l’unité de la communauté et de la promotion de la jeunesse l’une des priorités de son mandat. Sous son impulsion, l’Association connaît une nouvelle dynamique, marquée notamment par la création officielle, en 2016, du premier Comité des Étudiants KIKOKO.
Son mandat est également marqué par l’implantation de KIKOKO dans le territoire de Kasenga. Cette initiative suscite un débat contradictoire, car certains notables et sages KIKOKO estiment que la démarche est contraire aux statuts de l’Association. En effet, les statuts de l’époque définissaient KIKOKO comme une association regroupant les ressortissants du territoire de Kasenga vivant en dehors de leur territoire. Dès lors, implanter l’Association sur le territoire (de Kasenga) constituait, selon cette interprétation, une violation des statuts. Le Président Ghislain KYENGE défend toutefois cette démarche, qu’il juge nécessaire pour assurer la représentation de KIKOKO auprès des autorités qui se rendent souvent à Kasenga. Malgré les controverses, cette initiative aboutit à la création de la première représentation locale de KIKOKO à Kasenga, avec l’installation de Monsieur Katwamba comme président.
Ghislain KYENGE prend également l’initiative d’inviter à Kinshasa les grands Chefs coutumiers Kisamamba, Mwansha et Kalemba de Lubanda, ainsi que le notable Idesbald MPINGO du secteur Bakunda et Feue Mama NABWALYA de Ndjandja afin de leur permettre de rencontrer les KIKOKO vivants à Kinshasa pour le raffermissement des liens fraternels. Il mène également plusieurs actions en faveur de l’éducation et de la jeunesse, notamment à travers le soutien aux élèves finalistes de Kasenga et l’accompagnement des étudiants KIKOKO.
Après son passage à la tête de KIKOKO, il crée la Fondation « Mwana Wesu », qui intervient dans plusieurs domaines, notamment l’éducation et la promotion de la jeunesse. Le 18 mars 2022, il offre un véhicule Toyota Alphard à la Jeunesse KIKOKO conduit par Vincent de Paul Kyakuyamba, lors d’une rencontre organisée au siège de la Fondation dans la commune Ruashi. Il s’agit de l’un des plus importants dons matériels que KIKOKO ait jamais enregistrés.
Le 3 novembre 2024, répondant à une demande du Comité de la Jeunesse KIKOKO dirigé cette fois-ci par Balthazar Musonda, à l’occasion de l’installation du nouveau Comité des Étudiants, Ghislain Kyenge offre un cocktail au siège de la Fondation « Mwana Wesu » aux membres du nouveau comité des étudiants ainsi qu’à plusieurs membres de la jeunesse KIKOKO.
Son soutien ne se limite pas aux actions sociales. Il accompagne le projet de construction du site internet officiel de KIKOKO, dont il prend en charge une partie des frais d’hébergement.
Enfin, profondément attaché à ses origines, il s’investit personnellement dans le développement de son terroir. Inspiré notamment par la vision de Moïse Katumbi, qui encourageait les personnalités politico-administratives à bâtir dans leurs villages d’origine, Ghislain KYENGE DIASHI entreprend plusieurs projets immobiliers au village Kyenge, fief de sa famille paternelle, ainsi qu’au village Ngonga, d’où est issue sa famille maternelle. Il a également construit un domicile digne à Kasenga, convaincu que le développement local passe aussi par l’implication concrète de ses filles et fils.
Il est actuellement membre du Comité des sages et participe ainsi à la vie de KIKOKO.















