Moïse KATUMBI CHAPWA
Moïse KATUMBI CHAPWE, digne fils KIKOKO (Photo : wikipedia.org)
Nom
Moïse KATUMBI CHAPWE
“Imbebe sha mulilo, uwapa mukobe wa palubanga, kasuba kambiko akatashika lukoso, kubulwe imfwa kwaba imisongo”
METIER OU PROFESSION
Ex-Gouverneur du Katanga, Président sportif du TP Mazembe
CIVILITES
Honorable ou Excellence
VILLAGE / SECTEUR
Kashobwe / Lwapula – Kasenga
Extrait de sa biographie
Moïse Katumbi, né le 28 décembre 1964 à Kashobwe, est un homme politique, homme d'affaires et philanthrope congolais. Il est issu d’une prestigieuse lignée royale Bemba/Yeke. Sa mère, Virginie Chapwe Mwenda, est une princesse, fille du Prince Mukobe Katumbi, originaire du village Mukobe, dans le secteur Bakunda, territoire de Kasenga. Il est Président honoraire de l'association socio-culturelle SEMPYA.

Moise KATUMBI CHAPWE

Moïse Katumbi Chapwe, appelé affectueusement Kalapashi (« Superstar ») et Umusambashi (« Patron ») en cibemba, sa langue maternelle, est non seulement un digne fils KIKOKO, mais également une figure emblématique de la politique RD Congolaise. Né le 28 décembre 1964 à Kashobwe, dans le territoire de Kasenga, un village qui porte les racines profondes de son identité, il est homme d’affaires prospère, homme politique influent, dirigeant sportif, philanthrope et grand fermier.

Par sa grand-mère maternelle, Kalasa Musengezi, Katumbi est l’arrière-petit-fils de Mwami M’Siri Mwenda-Bantu Shitambi Mugala Ngelengwa (qui veut dire, celui qui étonnera le monde) le légendaire roi des Bayekes et souverain du Royaume du Garenganze, figure emblématique de la résistance contre l’occupation coloniale, assassiné en 1891 par le capitaine belge Bodson.

A Kashobwe, son village natal, Moïse Katumbi est honoré à travers des attributs traditionnels exprimés en cibemba : « Katumbi imbebe sha mulilo, uwapa Mukobe wapalubanga, kasuba kambiko akatashika lukoso kubulwe imfwa kwaba imisongo ». Cette formule, profondément imagée, peut ainsi être traduite littéralement en français : « Katumbi, brasier vivant, ardente chaleur du feu, venu du village de Mukobe, sur la colline d’où paraît le soleil de présage, qui ne se couche jamais sans que survienne un événement : si ce n’est le deuil, c’est la maladie. »

Loin d’être des simples paroles d’honneur, ces métaphores traditionnelles résument la manière dont la communauté perçoit Moïse Katumbi : un homme dont l’arrivée laisse toujours présager qu’un événement marquant est à venir. A l’image de ce soleil qui, se levant sur la colline de Mukobe, terre liée à ses ascendants, annonce déjà ce qui va suivre, son intervention dans tous les domaines de la vie (sociale, politique, économique, religieuse, sportive, etc.) a rarement laissé les choses en l’état.

Du côté de son père, Nissim Soriano, Moïse Katumbi hérite d’une histoire marquée par l’exil et la résilience. D’origine juive, Nissim avait fui en 1945 l’île de Rhodes, alors sous domination fasciste italienne, pour s’établir dans le Haut-Katanga, près du lac Moero et de la rivière Luapula. Il développa un commerce florissant de poissonnerie à Mulonde, un métier qui marquera les premiers pas de Moïse Katumbi dans le monde des affaires.

Éducation et Parcours Entrepreneurial

Moïse KATUMBI CHAPWE

Moïse Katumbi commence son éducation au Lycée Kiwele de Lubumbashi avant de poursuivre sa 5ᵉ et sa 6ᵉ année primaire à l’école Kabukwikwi. Il termine ses études secondaires à la mission de Kapolowe, où il obtient un diplôme d’État en pédagogie générale.

Avide de connaissances et ambitieux, il poursuit des formations en commerce en Zambie, où il gère sa poissonnerie Ntamba Bashila. Ces expériences forgent son esprit entrepreneurial et lui permettent de bâtir un empire économique.

En décembre 2020, il obtient un master professionnel en criminologie à l’Université de Lubumbashi (UNILU). Son mémoire, intitulé « L’émergence de la nouvelle fiscalité dans l’ex-province du Katanga et son impact économique », témoigne de sa réflexion approfondie sur les défis économiques et sociaux du Katanga.

Un bâtisseur et entrepreneur visionnaire

Moïse KATUMBI CHAPWA

Très jeune, après le décès de son père, Moïse Katumbi intègre l’entreprise familiale sous la supervision de son demi-frère aîné, Raphaël Katebe Katoto. Travailleur acharné, il accompagne des convois de poissons entre le Lac Tanganyika et le Cap, en Afrique du Sud, n’hésitant pas à participer lui-même aux travaux de manutention. Cette période, marquée par une discipline de fer et un sens aigu de l’effort, façonne son esprit entrepreneurial. Dès les années 1980, il décroche des marchés de fourniture de poisson pour des écoles catholiques, établissant ainsi les bases solides de sa carrière.

Le commerce de Moïse Katumbi s’est rapidement étendu en Zambie et s’est diversifié dans plusieurs secteurs : transport, commerce général, et approvisionnement alimentaire. En 1987, il crée la société Établissement Katumbi, qui regroupe ses différentes activités commerciales et devient un acteur incontournable de l’économie locale en Zambie (Luapula province).

En 1997, il crée la compagnie minière du Katanga dénommée Mining Company Katanga (MCK Trucks Sprl), spécialisée dans les services aux activités minières, notamment l’exploitation du cuivre et du cobalt pour la Gécamines. Sous sa vision, MCK devient rapidement un acteur majeur de la sous-traitance minière dans le Katanga, employant plus de 1 200 personnes et consolidant la réputation de Katumbi en tant qu’entrepreneur visionnaire.

En 2015, Moïse Katumbi vend 85 % des actions de MCK Trucks au groupe français Necotrans Holding pour 140 millions de dollars, selon les sources proches des dirigeants de MCK. Cependant, seule une partie du paiement est honorée. Après la faillite de Necotrans en 2017, l’entreprise est reprise par Pascal Beveraggi via la société Octavia, et rebaptisée NB Mining SA. Cette reprise a donné lieu à des litiges juridiques prolongés entre Katumbi et Beveraggi, qui demeuraient en cours en 2020.

Moïse Katumbi est également à la tête ou partenaire de plusieurs entreprises et projets de sous-traitance, notamment : Hakuna Matata, Habari Kani, Muzuri Sana, Katumbi Construction, Mashamba, Virginika…

Ces entreprises emploient directement plus de 9 000 salariés et créent environ 25 000 emplois indirects.

Dirigeant sportif

Moïse KATUMBI

Depuis 1997, Moïse Katumbi préside le Tout Puissant Mazembe, club mythique fondé en 1939 à Lubumbashi, et considéré comme le plus grand club de football en République Démocratique du Congo et l’un des plus titrés du continent africain. Sous sa direction, le club connaît une ascension spectaculaire sur le plan sportif et organisationnel.

Le TP Mazembe remporte trois éditions de la Ligue des champions de la CAF (2009, 2010 et 2015) sous son ère, portant à cinq son total de titres dans cette compétition (les deux premiers datant de 1967 et 1968). En 2010, le club marque l’histoire du football mondial en atteignant la finale de la Coupe du Monde des Clubs de la FIFA à Abou Dabi, devenant ainsi le premier club non-européen ni sud-américain à atteindre ce niveau.

Le TP Mazembe confirme ensuite son hégémonie continentale en remportant deux fois la Coupe de la Confédération de la CAF, en 2016 et 2017.

Visionnaire, Moïse Katumbi investit massivement dans les infrastructures sportives. En 2011, il inaugure le Stade TP Mazembe, un stade moderne de 18 000 places, premier stade privé du pays appartenant à un club. Cette même année, il lance un ambitieux projet de formation : la Katumbi Football Academy (KFA), située dans le quartier du Plateau à Lubumbashi.

L’objectif de la KFA est clair : former l’élite du football africain, en misant sur le talent congolais. Elle propose un enseignement de base de qualité et prépare les jeunes aux examens du DELF (Diplôme d’Études en Langue Française), en collaboration avec l’Alliance Franco-Congolaise de Lubumbashi. En 2015, d’importants travaux modernisent ses infrastructures, alignant la KFA sur les standards internationaux des meilleurs centres de formation au monde.

L’engagement de Moïse Katumbi pour le développement du football africain est reconnu au-delà des frontières. En janvier 2012, il est élu membre de la Commission stratégique de la FIFA. Trois ans plus tard, en 2015, il reçoit le prestigieux titre de « Leader de football de l’année » décerné par la Confédération Africaine de Football (CAF).

En novembre 2019, lors de la création de l’Association Mondiale des Clubs Champions sous l’égide de la FIFA, Moïse Katumbi est élu Vice-Président de cette structure internationale, aux côtés du président du Real Madrid, Florentino Perez confirmant ainsi son rang parmi les figures influentes du football mondial.

Parcours politique

Moïse KATUMBI

Alors entrepreneur à succès, Moïse Katumbi répond, en 2006, à un large appel de la population en se lançant en politique. Il est élu, au niveau provincial et au niveau national, député du Katanga avec plus de 100 000 voix en sa faveur, faisant de lui le député le mieux élu du pays. Dans la foulée, il est élu Gouverneur de la province du Katanga en janvier 2007 avec 94 voix sur 102.

En tant que Gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi va développer la province comme jamais auparavant. Par la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance, par la culture du résultat, l’exigence, la rigueur de gestion et le travail quotidien, il fait du Katanga le moteur de l’économie congolaise.

Durant ses deux mandats, Moïse Katumbi améliore le climat des affaires et restaure l’ordre dans la province. Il lutte contre la corruption en promouvant la bonne gouvernance, tout en s’assurant que la population bénéfice davantage des richesses immenses de la province.

Les revenus générés par l’industrie minière et l’amélioration de la gouvernance permettent le développement rapide de la province.

Moïse Katumbi fait de la construction d’infrastructures l’une des priorités de son action. Les principaux axes de Lubumbashi sont bitumés, et plusieurs axes routiers sont réhabilités et asphaltés. Entre 2007 et 2015, plus de 3 200 km de routes en terre sont réhabilitées et 1 500 km de routes son asphaltées. Le pont du Lualaba, plus grand pont en béton du pays, est construit. Il est long de 710 mètres et supporte une capacité de 100 tonnes.

Dès son arrivée à la tête du Katanga, il met en place l’interdiction d’exporter les minerais bruts, forçant ainsi les industriels à construire leurs unités de transformation au Katanga, source d’emplois pour les Congolais. Conséquence immédiate, de 2008 à 2013, la production de cuivre du Katanga passe de 800 tonnes à 1 millions de tonnes par an.

Dans le domaine énergétique, il fait réhabiliter plusieurs centrales électriques, il fait moderniser des outils de transport du courant (cabines et câbles).

Plusieurs hôpitaux sont construits et modernisés, des écoles et universités sont rénovées pemettant de faire bondir le nombre d’élèves dans l’école primaire de 300 000 en 2007 à 3 millions en 2015.

Grâce à la construction d’usines, de traitements d’eaux, au renouvellement d’outils de production d’eau potable, la part de la population alimentée en eau potable passe de 48% à 70% entre 2007 à fin 2012. Dans les régions les plus reculées, des bornes fontaines ont été installées afin d’amener l’eau à tout le monde.

Nommé « Personnalité de l’année 2015 » par le magazine Jeune Afrique, il a été Gouverneur du Katanga, la plus grande province de RDC, entre 2007 et 2015. En 2017, un sondage mené par l’institut Berci et le Groupe d’étude sur le Congo (GEC) le place en tête des intentions de vote dans l’optique d’une élection présidentielle. En 2018, peu avant les élections générales, Moïse Katumbi était toujours en tête des intentions de vote.

Moïse Katumbi est reconnu comme un grand défenseur de l’Etat de droit qui a toujours appelé tous les Congolais et leurs dirigeants au strict respect de la Constitution.

En 2013, conformément à la Constitution du pays, Moïse Katumbi annonce qu’il ne se présentera pas à un troisième mandat de Gouverneur. Cependant, le gouvernement central tarde à organiser les nouvelles élections.

Le 29 septembre 2015, Moïse Katumbi annonce sa démission du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), parti présidentiel, et de son poste de Gouverneur de la province du Katanga. Cette décision est rendue publique à travers une déclaration officielle publiée sur son compte Twitter, dans laquelle il dénonce les dérives anticonstitutionnelles du régime en place, le recul de l’État de droit ainsi que les atteintes aux libertés individuelles.

Dans ce message adressé à l’opinion nationale et internationale, il écrit notamment :

« Chers amis, j’ai signifié ce jour ma démission du PPRD et du gouv. #Katanga ; ma déclaration ci-dessous #nouveaudepart ».

En particulier, il accuse le Président Joseph Kabila de vouloir se maintenir au-delà de ses deux mandats constitutionnels. Le 23 décembre 2014 lors d’un célèbre discours du refus du « faux troisième pénalty », Moïse Katumbi avait prévenu Joseph Kabila de l’importance de respecter sa limite de deux mandats.

Lors de sa démission du PPRD et de son poste de gouverneur du Katanga dans une célèbre déclaration, Moïse Katumbi appelle les forces vives de la nation congolaise à se rassembler pour défendre l’Etat de droit et faire respecter leurs droits.

Dès lors, Moïse Katumbi est victime de tracasseries, d’intimidations, de menaces et d’harcèlement juridique de la part du régime Kabila à des fins politiques. Le gouvernement congolais l’accuse tour à tour d’avoir recruté des mercenaires, d’avoir spolié l’immeuble d’un citoyen grec.
Sur l’affaire immobilière, le frère de Moïse Katumbi, Raphael Katebe a indiqué être le propriétaire de l’immeuble. La juge Présidente du tribunal de Lubumbashi, Chantal Ramazani, a dénoncé dans un courrier du 25 janvier 2016, les vices de forme et la vacuité de ce dossier contre Moïse Katumbi, les pressions graves et les menaces physiques subies pour faire condamner Moïse Katumbi. Dans un article du Journal “Le Monde” daté du 22 septembre 2016, elle détaille longuement ces menaces. Elle sera aussi interviewée sur TV5 Monde et France 24 sur cette question. Sur l’affaire dite des mercenaires, le gouvernement américain contredit Alexis Ntambwe Mwamba, Ministre congolais de la justice en démentant la présence en RDC de citoyens américains ayant de telles activités. Tous les Congolais arrêtés seront libérés.

En mars 2016, Moïse Katumbi est désigné candidat à la présidence par les opposants de la plateforme politique «G7» (Pierre Lumbi Okongo, Charles Mwando Nsimba, Olivier Kamitatu Etsu, Christophe Lutundula, Antoine Gabriel Kyungu wa Kumwanza, José Endundo Bononge et Dany Banza Maloba), et par les opposants de la plateforme « Alternance pour la République »  (Jean-Cluade Muyambo Kyasa, Franck Diongo Shamba, Claudel Lubaya, Dailly Sesanga, etc.) en mai 2016. Le mercredi 4 mai 2016, il officialise sa candidature sur son compte Twitter et par voie de communiqué de presse.

En juin 2016, l’opposition congolaise crée le «Rassemblement» dont Moïse Katumbi est l’un des deux initiateurs avec feu Etienne Tshisekedi. Malgré les assauts répétés du gouvernement qui tente de débaucher ses membres, le «Rassemblement» est resté uni et déterminé à défendre la Constitution congolaise et faire obstacle à la dictature.

En décembre 2016, le président Joseph Kabila se trouve dans une situation politique particulièrement délicate : arrivé au terme de son second et dernier mandat constitutionnel, il est dans l’incapacité d’organiser les élections dans les délais légaux, après une succession de manœuvres dilatoires ayant retardé le processus électoral. Dans ce contexte de crise institutionnelle, il initie un dialogue politique entre l’opposition et la majorité présidentielle, placé sous l’égide de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO).

Ce dialogue intervient après l’échec de celui tenu à la Cité de l’Union Africaine (ex-OUA), conduit sous la médiation de l’ancien Premier ministre togolais Edem Kodjo, lequel avait abouti à la formation du gouvernement de Samy Badibanga, jugé peu inclusif par une large frange de l’opposition.

Le dialogue de la CENCO débouche sur la signature d’un accord politique dit inclusif, rendu possible notamment par le sacrifice politique consenti par Moïse Katumbi. En effet, bien que le règlement de son dossier judiciaire et politique constituât l’un des préalables importants à la tenue du dialogue, celui-ci n’est pas résolu au moment des négociations. Malgré cela, Moïse Katumbi accepte que les représentants de l’opposition signent l’accord, privilégiant l’intérêt supérieur de la nation et la recherche d’une issue pacifique à la crise. Il demande néanmoins que son cas soit examiné de manière indépendante par les Evêques catholiques, médiateurs du dialogue. Cette démarche aboutit à l’élaboration du «rapport de la CENCO», lequel innocente clairement Moïse Katumbi, dénonce les entraves à ses droits politiques et appelle à son retour rapide en République Démocratique du Congo, afin qu’il puisse se porter candidat et mener librement sa campagne à l’élection présidentielle.

Le 12 mars 2018 à Johannesburg, Moïse Katumbi et ses soutiens créent la plateforme électorale ENSEMBLE POUR LE CHANGEMENT.

Poursuivi et condamné dans son pays (RDC) pour plusieurs chefs d’accusation que ses avocats qualifient de « procès politiques », Moïse Katumbi tente, en vain, de regagner son pays afin de déposer sa candidature à l’élection présidentielle prévue en décembre 2018.

Alors qu’il sollicite une autorisation d’atterrissage et de survol de l’espace aérien congolais, un mandat d’arrêt est émis contre lui et sa demande est rejetée. Déterminé, il tente à deux reprises de rentrer au pays via le poste frontalier de Kasumbalesa en passant par la Zambie, les 3 et 4 août 2018, pour s’enrôler et déposer sa candidature. Le régime Kabila déploie l’armée à la frontière, la ferme et empêche son passage. Ces événements dégénèrent en violences meurtrières : deux jeunes trouvent la mort, plusieurs personnes sont arrêtées, y compris des journalistes. A seulement quatre jours de la clôture des dépôts de candidatures, le gouvernement zambien l’informe officiellement que les autorités de Kinshasa refusent de l’autoriser à entrer sur le territoire congolais. Moïse Katumbi annonce alors son intention de saisir les instances régionales et sous-régionales afin de faire valoir ses droits.

Privé de son droit de participer à l’élection, Moïse Katumbi décide alors de soutenir une candidature commune de l’opposition. A l’initiative de Vital Kamerhe et Martin Fayulu, une rencontre est organisée à Genève pour désigner un candidat unique. Moïse Katumbi y prend part. A la fin des assises, Martin Fayulu est désigné candidat de la coalition LAMUKA, qui regroupe les principaux leaders de l’opposition.

A l’issue des élections de décembre 2018, jugées  chaotiques par l’opposition, la Cour constitutionnelle proclame Félix Tshisekedi vainqueur de la présidentielle. Malgré cette issue controversée, les candidats de la plateforme Ensemble pour le Changement, soutenue par Moïse Katumbi, obtiennent plus de 70 sièges à l’Assemblée nationale et une douzaine au Sénat, devenant ainsi la première force de l’opposition institutionnelle.

Fort de ce résultat, et animé par la volonté de poursuivre son combat pour la démocratie et l’État de droit, Moïse Katumbi rentre au pays le 20 mai 2019, après trois années d’exil. Il est accueilli triomphalement à Lubumbashi. Il entame alors un vaste safari de remerciement et d’écoute, qui le conduit dans un premier temps à travers toutes les grandes villes et chefs-lieux des provinces du Katanga, du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Maniema.

Le 18 décembre 2019, à Lubumbashi, Moïse Katumbi crée son propre parti politique « ENSEMBLE POUR LA RÉPUBLIQUE », en abrégé « ENSEMBLE », qu’il va lancer officiellement, à partir de Kisangani, le 18 Décembre 2021. Bien avant, le 29 mai 2021, Moïse Katumbi lancera la campagne d’adhésion au parti en se procurant lui-même sa carte de membre à Lubumbashi, à la Cité des Jeunes.

Ce parti est constitué de plusieurs partis politiques souches membres du G7 à savoir : UNADEF de Christian MWANDO NSIMBA, ARC de Olivier KAMITATU, PND de Salomon IDI KALONDA DELA, MSR de Pierre Lumbi, PDC de José Endundo Bongonge, et ADP de Christophe Lutundula

En février 2021, dans le cadre de la recomposition politique consécutive à la rupture de la coalition FCC–CACH, Moïse Katumbi rallie l’« Union sacrée de la Nation », plateforme initiée par le président Félix Tshisekedi afin de doter le pays d’une nouvelle majorité parlementaire et d’accompagner la mise en œuvre de son programme de gouvernance.

Dans ce contexte, le président Félix Tshisekedi proposa à Moïse Katumbi le poste de Premier ministre. Celui-ci déclina toutefois cette proposition. Dans une interview accordée en août 2021, il confirma lui-même que le poste lui avait été proposé, tout en précisant qu’il n’avait pas pour habitude de rendre publics le contenu de ses échanges avec le président de la République.

Ce refus s’inscrivit dans le contexte des discussions autour de la participation de Moïse Katumbi et de son regroupement, Ensemble pour la République, à l’Union sacrée de la nation. Son choix de ne pas occuper personnellement une fonction gouvernementale, tout en permettant à des membres de son regroupement de participer au gouvernement, fut alors présenté comme une manière de préserver son autonomie politique tout en continuant à contribuer au processus politique national.

Les tensions internes au sein de l’Union Sacrée de la Nation, coalition au pouvoir, s’exacerbent progressivement à mesure que l’ambition présidentielle de Moïse Katumbi se précise. En mai 2021, une vive controverse politique et juridique éclate autour de la question de sa nationalité.

Une proposition de loi controversée, initiée par Noël Tshiani et portée au Parlement par le député Nsingi Pululu, tous deux membres de l’Union sacrée, vise à exclure de l’élection présidentielle tout citoyen congolais dont l’un des parents ne serait pas congolais d’origine. Cette initiative, largement perçue comme taillée sur mesure, est interprétée par de nombreux observateurs comme une manœuvre discriminatoire ciblant directement Moïse Katumbi, dont le père était d’origine grecque, bien que lui-même soit Congolais de naissance et reconnu comme tel par la loi.

Sur le plan juridique, cette proposition est jugée manifestement contraire à la Constitution RD Congolaise, notamment à ses articles 10, 12, 13 et 72, qui consacrent l’égalité entre citoyens, prohibent toute discrimination fondée sur l’origine et fixent clairement les conditions d’éligibilité à la magistrature suprême. Elle est ainsi dénoncée comme une tentative de révision indirecte et inconstitutionnelle du pacte républicain.

Moïse Katumbi s’y oppose fermement, condamnant une initiative qu’il qualifie de dangereuse dérive identitaire, susceptible de fracturer la cohésion nationale et de détourner le débat politique des véritables enjeux démocratiques et socio-économiques du pays.

L’initiative suscite également de vives réactions au niveau international. L’ambassadeur des États-Unis en République démocratique du Congo, Mike Hammer, met publiquement en garde contre cette proposition, qu’il qualifie de « ligne rouge à ne pas franchir », soulignant les risques qu’elle ferait peser sur la démocratie, l’inclusivité politique et la stabilité institutionnelle du pays.

En décembre 2022, Moïse Katumbi annonce officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2023, sous la bannière de son parti politique Ensemble pour la République. Dans la foulée, il quitte l’Union sacrée de la Nation, qu’il accuse d’avoir renié ses engagements initiaux en matière de gouvernance démocratique, d’État de droit et d’alternance réelle, pour se transformer en un instrument de conservation du pouvoir.

En mai 2023, alors qu’il projette une tournée politique d’une semaine dans la province du Kongo-Central, le gouverneur Guy Bandu Ndungidi lui impose unilatéralement de réduire son séjour à une seule journée et à une seule ville. A son arrivée, les forces de l’ordre lui interdisent purement et simplement l’accès à la province. Les autorités invoquent un prétendu manque d’effectifs policiers pour assurer la sécurité de ses activités, une justification largement perçue par l’opposition et la société civile comme une entrave manifeste à la liberté de circulation et à l’exercice des droits politiques.

Le 4 octobre 2023, Moïse Katumbi dépose officiellement son dossier de candidature à l’élection présidentielle auprès de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Celle-ci exige la présentation de pièces originales, lesquelles sont acheminées dès le lendemain depuis Lubumbashi par jet privé, permettant ainsi la validation formelle de sa candidature.

En novembre 2023, les principaux leaders de l’opposition — Moïse Katumbi, Martin Fayulu, Augustin Matata Ponyo, Delly Sesanga et Denis Mukwege — engagent des discussions en vue d’une candidature commune, au sein de la plateforme “Congo ya Makasi “, afin de maximiser leurs chances face au président sortant. Dans cette dynamique d’unité, Augustin Matata Ponyo se retire en faveur de Moïse Katumbi, suivi par Delly Sesanga, Seth Kikuni et Franck Diongo.

Malgré ces ralliements, la campagne de Moïse Katumbi est marquée par de nombreuses entraves : arrestations et intimidations dans son entourage, blocages administratifs, restrictions de meetings, ainsi qu’une vaste campagne de désinformation visant à remettre en cause sa nationalité congolaise, pourtant établie par la loi. Cette rhétorique est relayée notamment par Jean-Pierre Bemba, alors ministre de la Défense et allié politique du président Félix Tshisekedi.

L’élection présidentielle de décembre 2023 se déroule dans un climat de profonde controverse. Le scrutin s’étale sur cinq jours, en violation flagrante de la loi électorale, et est émaillé de dysfonctionnements majeurs. La CENI, dirigée par Denis Kadima, perçu comme proche du pouvoir en place, est accusée d’incapacité organisationnelle et de manquements graves à l’impartialité, notamment dans la gestion des machines à voter. Plusieurs témoignages et observations font état de machines accaparées par des partisans de l’UDPS, utilisées hors des bureaux de vote pour introduire frauduleusement des bulletins, alimentant les accusations de fraude électorale massive.

A l’issue de ce processus électoral fortement contesté par l’opposition, Félix Tshisekedi est proclamé vainqueur et reconduit pour un second mandat. En réaction, Moïse Katumbi, aux côtés de Martin Fayulu et de Floribert Anzuluni, rejette les résultats proclamés et exige l’annulation pure et simple du scrutin. Ils dénoncent l’absence totale de transparence, notamment le refus de publier les résultats détaillés bureau de vote par bureau de vote.

Prix et distinctions

Moïse KATUMBI
  • Le 15 décembre 2012, la Millenium Excellence Foundation décerna à Katumbi la récompense « Black Star d’Afrique 2012 » à Nairobi, au Kenya. La distinction récompense ses réalisations et son rôle modèle de la bonne gouvernance en Afrique.
  • En janvier 2015, Moïse Katumbi reçut également la récompense de « Leader de football de l’année » décernée par la Confédération africaine de football.
  • Le 22 décembre 2015, Moïse Katumbi a été nommé « Personnalité africaine de l’année 2015 » par le magazine africain Jeune Afrique.
  • Le 7 janvier 2020, il obtient le prix du meilleur dirigeant de club africain des mains du président de la FIFA, Gianni Infantino, aux CAF Awards.
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